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Études scientifiques
Publié le 24 février 2012 à 09h00
L’IRM fonctionnelle met les pieds dans la pédophilie

Jusqu’ici, il existe une méthode standard pour identifier les préférences sexuelles : la phallométrie. Elle consiste à mesurer la réponse du pénis à des stimuli standardisés. Évaluer cliniquement le caractère pédophile d’une personne par IRM fonctionnelle serait maintenant possible, d’après une étude allemande parue en février 2012 dans Archives of General Psychiatry.

Réponse à des stimuli sexuels

L’objectif de cette étude était d’évaluer si la réponse à des stimuli sexuels est révélée par un changement du signal dépendant de l’oxygénation de différentes parties du cerveau. Pour cela, l’équipe de chercheurs a fait passer un examen d’IRM fonctionnelle à 24 sujets pédophiles reconnus attirés sexuellement par des jeunes enfants et à 32 sujets témoins attirés par des femmes ou des hommes adultes. L’examen consistait à calculer les différences de signal selon que les participants étaient exposés à des images d’enfants nus ou d’adultes nus. Le tout dans le cadre de procédures standardisées.

Plusieurs aires cérébrales

Les auteurs de l’étude indiquent qu’il existe une activité spécifique dans plusieurs aires cérébrales connues pour être impliquées dans le traitement des stimuli sexuels. D’après eux, une classification automatique des motifs de réponse pourrait être un outil intéressant pour réaliser un diagnostic clinique de la pédophilie. La spécificité serait de 100 %, la sensibilité de 88 %.

Questions sur l’utilisation d’un tel outil

Cette étude présente une méthodologie discutable, comme toute étude scientifique. Toutefois, elle pose des questions supplémentaires sur l’utilisation d’un tel outil. Il pourrait être utilisé dans le cadre médical, pour mieux diagnostiquer ces comportements. C’est ce que précisent les auteurs dans le résumé de leur étude : « La classification automatique […] est un outil objectif prometteur pour diagnostiquer cliniquement la pédophilie. »
Dans les scénarios moins probables, on pourrait imaginer des applications dans le domaine judiciaire, voire pour le dépistage de populations. La phallométrie n’est pas utilisable aujourd’hui dans les tribunaux français. Néanmoins, d’après l’Agence européenne pour les droits fondamentaux, la République tchèque utiliserait un tel test pour les demandeurs d’asile afin de vérifier leur orientation sexuelle.

Benjamin Bassereau
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